Iris Legendre




© Iris Legendre
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On peut voir différents signes dans mon travail. Des chiffres s'agglutinent autour de figures géométriques. Des tracés de relevés médicaux s'agitent puis se figent. Des amas de perles, de grains de poivre, d'épingles et d'aiguilles se forment sur de vieilles photographies de famille. Différentes imperfections se dessinent sur des fragments de peau, à la manière d'une constellation. Des tâches de couleur d'ecchymoses se révèlent sur le papier en prenant différentes formes. Des détails de visages se crispent et se plissent. Comment interpréter tous ces signes, quels présages annoncent-ils?

One can make out various signs embedded in my works.
Digits congregate around geometric forms. Lines from medical records move wildly and freeze suddenly. Clusters of pearls, peppercorns, pins and needles emerge on old family photographs. Various imperfections appear on skin fragments, conjuring up a constellation. Bruise-colored stains materialize into various shapes on paper. Details of clenched and puckered faces. What to read into all these signs, what omen is it that they carry?


"Iris Legendre, qui a étudié dans mon atelier, s’approche des choses qu’elle représente avec une extrême précision, et s’arrête à un millimètre afin de protéger sa pensée. Cette prudence nous procure un sentiment connu, donc intime, lorsque nous voyons ses œuvres."
Jean-Michel Alberola

"Iris Legendre gets as close as she can to the objects and people she represents, but always stops at the last millimeter, shielding her thinking process. This caution gives us an impression of deja-vu and thus intimate feeling as we witness her works."
Jean-Michel Alberola



RÉVÉLER L’INVISIBLE (The Steidz magazine, 2016, p.94-95)

L’artiste parisienne Iris Legendre pourrait être présentée comme une aquarelliste clinicienne. Ne lui échappent ni les tourments révélés par quelques froncements de sourcils, ni les imperfections affleurant l’épiderme. Iris Legendre s’illustre aussi en storytelling et manipulations photographiques « artisanales » : la série Photographies (2013) révèle des photos d’époque transpercées d’aiguilles, couvertes de perles, de plumes, de coraux ou encore de coquillages. Ces portraits masqués remettent en perspective ce qui est habituellement attendu d’un visage : un masque de chair laissant à penser, de préférence, que tout va bien. Mais derrière les sourires des albums de famille, se dissimulent parfois des cœurs meurtris, des corps en miettes, rongés par divers sentiments ou la maladie, comme le suggère la série Contagion (2013).

REVEALING WHAT IS INVISIBLE (The Steidz magazine, 2016, p.94-95)

Iris Legendre, born in 1988, might be described as a clinical watercolour painter, very familiar with the defects showing on our skin and acquainted with the inner torments we express by raising our eyebrows she is also known for her storytelling and her “hand-made” manipulations of images: the series titled Photographies (2013) reveals period photographs pierced with needles, covered with pearls, feathers, corals or seashells. These masked portraits put back into perspective what one usually expects when looking at a face: a mask of flesh preferably suggesting that everything goes well. However, broken hearts, shattered bodies, eaten up by diverse feelings or away by disease, sometimes lurk behind the smiling faces in family albums, as suggested by the series Contagion (2013).

Réminiscence

La Réminiscence, évoque le souvenir.
C’est un rappel à la mémoire.
Un souvenir que l’on avait peut-être cherché à oublier
et qui parfois resurgit là,
d’un coup,
sans prévenir…

Réminiscence est un joli mot,
gracieux semble t-il,
mais pourtant, il sonne grave,
il nous rappel à l’ordre.

Iris Legendre, s’intéresse à ce qui reste,
aux marques,
à la trace laissée par un événement,
à une histoire passée.
Mais qu’est-ce donc ?
Une vieille photo au fond d’une boite à gâteau rouillée représentant un enfant ?
une ride sur le front ?
un hématome ?

Le corps est celui qui n’oublie pas.
C’est notre peau de chagrin que la jeune artiste cherche à mettre en exergue,
ce corps qui nous semble être une carapace,
mais qui, en réalité, nous dévoile tout et nous rappelle au souvenir.

Iris Legendre arbore un travail doux, avec ses crayons
et parfois sévère en faisant disparaître les traces d’un corps sur une photo,
peut-être la seule qui restait d’une histoire
qui maintenant restera enfouie.
A jamais.

Marine Mercier